Rose pour les garçons et bleu pour les filles !

Le marketing genré avec ses préjugés et ses idées toutes faites, On n’adore pas trop ça ! 

Les filles ne se reconnaîtraient que dans les nuances de rose alors que les garçons s’épanouiraient dans le bleu ! Passons sur l’ineptie historique de ces préjugés puisque pendant des siècles ce sont les tenues blanches, souvent des robes, et les cheveux longs qui ont prévalu pour filles et garçons et qu’en 1914 encore, un journal Américain, « The Sunday Sentinel » conseillait aux mères d’ « utiliser du rose pour les garçons et du bleu pour les filles si vous souhaitez respecter les conventions ». Et oui, le rose était alors perçu comme une version claire du rouge et avait hérité de sa symbolique de pouvoir et de force alors que le bleu, couleur plus tendre, était considéré plus féminin. Ce n’est qu’après la Seconde Guerre mondiale que cette tendance s’est inversée…

Alors évidemment quand on a découvert le travail de la photographe Sud-Coréenne JeongMee Yoon, on a aimé. Et on voulait vous le montrer 🙂

Son Pink and Blue Projects est né de l’observation de sa petite fille de 5 ans subjuguée par le rose. JeongMee Yoon décide alors de vérifier ailleurs, en Corée du Sud mais aussi aux Etats-Unis, en Chine si l’épidémie de rose se confirme. Et bien oui, voilà un sujet qui ne connait pas les frontières… JeongMee Yoon en fait un de ses sujets d’étude et photographie des enfants d’ici et d’ailleurs dans leurs chambres. Posés là, au milieu d’une surenchère de jouets monochromes, les enfants finissent par devenir un jouet comme un autre. Consumérisme, manipulation commerciale, globalisation : les dénonciations de JeongMee Yoon sont multiples.

Regardez d’un peu plus près les photos : la discrimination par sexe ne s’arrête pas aux couleurs… Les jouets dans leur ensemble sont conçus et distribués par genre féminin/masculin. Aux filles, les jouets pour cuisiner, se maquiller, s’habiller, inventer des histoires de poneys aux couleurs rose, rouge ou lilas… Aux garçons, la dominante bleue customise des robots, des dinosaures et autres jouets scientifiques ou motorisés… Si l’on sait que les couleurs préférées des enfants vont ensuite rapidement changer, qu’en sera-t-il de la symbolique associée à ses couleurs, de cette vision étriquée et univoque de la féminité et de la masculinité ? 

Marchands de jouets, tenez-le vous pour dit : ce Noël, vos couleurs on les aura… à l’oeil !